Ce lundi 8 juin 2026 se déroulera un peu partout en France la cérémonie commémorative de la Journée nationale d’hommage aux « Morts pour la France » en Indochine.
On retient souvent ce que l’on appelle « la bataille de Diên Biên Phu ». Dans cette cuvette encerclée par des dizaines de milliers de combattants du Viet Minh, résistaient avec acharnement quelques milliers de soldats français dans une lutte désespérée.
Sans entrer dans les chiffres, il importe de rappeler le grand nombre d’Africains et de Maghrébins présents au sein des régiments de l’armée française, notamment parmi les tirailleurs. Beaucoup y laisseront leur vie au cours de cette guerre. Des milliers de leurs noms sont inscrits au Mémorial des guerres d’Indochine de Fréjus, inauguré en 1993. A tel point, qu’il arrive que certains visiteurs, malgré le drapeau tricolore, pensent qu’il s’agit d’« un monument arabe », selon les propos qu’avait tenus un responsable du site.
En leur mémoire, ainsi qu’en celle de leurs frères d’armes, voici un cas significatif. Il s’agit de l’un de ceux qui sautèrent sur Diên Biên Phu dans le fracas des armes : M. Abdelkader B. Après avoir obtenu son brevet de parachutiste le 16 avril 1954, il fut largué dans cet enfer le 25 avril 1954, « sans préparation militaire », comme le précisera sa « citation à l’ordre de la division ».
Quelques années plus tard, ce brave combattant musulman, rescapé de la jungle de Diên Biên Phu et des terribles camps du Viet Minh, finira dans l’oubli dans un foyer pour travailleurs en Franche-Comté.
M. Chérif Lounès
Ancien réserviste, membre honoraire de l’armée, fils d’un ancien combattant 1939/45 libérateur de la France


